| Colloques...
L'expérience du savoir (27, 28 mars 2010)
Œdipe, une énigme moderne l Écritures du symptôme dans la cure analytique
L'insistance du rée l
Versions de la guérison | Chercher,
inventer, réinventer
Œdipe, une énigme moderne (avril 2008)
Les psychanalystes, à la suite de Freud, ont continué d'élaborer la crise œdipienne que traverse l'enfant, crise où convergent les questions de l'identification sexuée, du « mouvement tangentiel vers l'inceste », de la castration symbolique... Il s'agissait d'éclairer aussi comment ce drame structurant pouvait devenir pathogène, « complexe nucléaire des névroses ». Après avoir été objet de scandale, « l'œdipe » a infiltré, voire cautionné, l'idéologie qui couvrait une certaine configuration de la famille. Pendant quelques décennies, les analystes ont paradoxalement trouvé un confort dans cette collusion.
Certains faits sociaux et des changements idéologiques donnent parfois à penser que « l'œdipe » est dépassé : la manipulation technique du réel biologique de la reproduction sexuée, disjointe ainsi de la parenté et de la rencontre charnelle entre partenaires sexuels, la remise en question des identifications sexuées, voire de la différence des sexes…
La fin de la congruence entre l'idéologie œdipienne et la dimension structurante de l'Œdipe peut produire un désarroi et conduire les analystes à le laisser tomber, comme l'enfant devant l'absence de réponse à sa recherche d'un savoir sur le sexuel peut succomber, quelquefois à jamais, à une inhibition de la pensée.
Mais la fin de cette collusion peut être l'occasion de réveiller quelques énigmes du parlêtre que condense Œdipe, énigmes ranimées par ce qui se transforme sous nos yeux et dont nous sommes témoins dans les cures — ainsi l'énigme du corps parlant et sexué.
Éric Castagnetti : Ouverture
Christian Centner : Et si l'Œdipe ne tenait plus l'affiche…
Sylvain Gross : Les nouveaux complexes familiaux
Élisabeth du Boucher-Lasry : Les enjeux symboliques de la Procréation Médicalement Assistée
Hector Yankelevich : De l'Œdipe à une logique modale de la jouissance
Eduardo Vidal (rapporteur), Juan Carlos Cosentino, Nelida Halfón : Refente du sujet et castration
Élisabeth Leypold : L'inceste et ses paradoxes
Claude Garneau : Au carrefour des chemins, la naissance d'un sujet
Jean-Pierre Baud : Les créatures humaines du droit
Marie-Laure Susini : Des mères accusées d'inceste
Solal Rabinovitch : La jouissance maternelle, une forme cachée de l'abandon
Joséphine Roques : Un trop fameux ravage
Dominique Janin : L'étranger, une étrange façon de sortir de l'Œdipe
Marie-Christine Hamon : Qu'est devenu le préœdipe ?
Roland Meyer : L'Œdipe erre...
Gilbert Hubé : Le non qu'elle porte
Marjolaine Hatzfeld : Un symbole coriace dans la psychanalyse : le phallus
Annie Tardits : La différence, un enjeu de l'Œdipe
Élisabeth Leypold : Clôture (Début...)
Écritures
du symptôme dans la cure analytique (Avril 2006)
Le symptôme
est ce qui vient du réel. Ainsi ce colloque est-il la suite logique de
celui de 2004 " L'insistance du réel ".
Le premier mouvement
de la cure analytique est une mise en forme des symptômes qui constituent
la plainte de ceux qui s'adressent à un analyste. Cette plainte exprime
l'impuissance à se conformer à cet être social que le discours
courant fait miroiter comme bonheur. Quelque chose se met en travers : le "
pas de rapport sexuel " autour duquel se structure le symptôme comme
nud de signifiants, particulier à chacun. Cette mise en forme consiste
en une réduction des symptômes au symptôme, voire, dans le
cas où la cure est " poussée au point qui en figure la finitude
", à son épure que Lacan nomme sinthome.
Qu'est-ce que
le symptôme analytique, à quelles théories du symptôme
l'analyste se réfère-t-il, comment l'analyste s'y prend-il aujourd'hui
pour que " le réel du symptôme en crève " ? Quel
sens peut-on donner à la dernière théorie de Lacan de la
fin de l'analyse comme " identification au symptôme " ? Telles
sont quelques unes des questions que nous pose la pratique de la psychanalyse.
La
visée de la cure analytique est-elle infléchie par la transformation
ultra-libérale du capitalisme, par une modification interne au discours
du Maître ? Celles-ci auraient comme conséquence de distendre le
lien du sujet au signifiant, de relâcher le rapport du sujet au signifiant,
ce dernier perdant ainsi de son impératif. Ce relâchement du symbolique
ferait que les signifiants ne sont plus en mesure d'arrimer suffisamment le sujet
et de nouer la pulsion, le condamnant à l'errance et à une jouissance
mortifère. Notre pratique vérifie-t-elle cette hypothèse
?
L'analyste dépend du réel et vient en tant qu'adresse compléter
le symptôme : c'est à la fois la spécificité de sa
position et son mode d'opération. L'abolition du sens dans l'équivoque,
ressort de l'interprétation, porte sur le signifiant et constitue ce qui
peut faire reculer le champ du symptôme, le réduire. En cela l'interprétation
est le Witz au sens de Freud.
Quelle place prend dans le repérage de
l'analyse et dans la pratique de l'analyste la topologie du nud borroméen
? Si le mode de présence de l'analyste ne s'appréhende que dans
le registre du symbolique, ne mobilise-t-il pas aussi celui de l'imaginaire et
celui du réel ?
L'analyste
et le symptôme
Charles
Nawawi : Ouverture
Marie-Claire
Boons-Grafé : À condition de s'en servir
Éliane Lehman
: L'encre du symptôme
Élisabeth
du Boucher-Lasry : L'écriture du corps
Claus Dieter Rath : Du fauteuil
au divan
Élisabeth
Leypold : Surmoi et fin de cure
Olivier Grignon : La psychanalyse, c'est le
traitement attendu d'un psychanalyste
Frédérique
Saldès : " Construction en analyse "
Françoise Samson
: Faire semblant d'objet " a "
Eduardo Vidal : L'écriture
du phallus comme mise à plat
Symptôme
et structure Isabelle Floc'h : Insistance du symptôme et de la
structure : l'enjeu même de la clinique Claude Lemérer : La psychanalyse
n'évangélise pas Marie-Ange Baudot : Des effacements à
écrire, à inscrire Hector Yankelevich : Forclusions du Nom du
père, rejets du Phallus Annie Staricky : Le symptôme comme écriture Jean-Claude
Fauvin : Les non-analystes et le discours analytique Christian Centner : Pourquoi
errer dans un ordre de fer ? Jean-Guy Godin : Symptôme et clinique Annie
Tardits : Clôture
Les actes du colloque ont été publiés dans un numéro spécial des Carnets (février 2008) (Début...)
L'insistance du réel (Mars 2004) - Tout dépend de si le
réel insiste. Tout quoi ? Notre avenir, celui de la psychanalyse, celui
du discours du maître, celui de la "civilisation". C'est ce qu'avance Lacan
en 1974 dans "La troisième". "Insistance du Réel" renomme le symptôme,
qu'il soit analytique ou social, jadis assigné à l'insistance de
la vérité dans le symbolique. Ce nouvel abord du réel ainsi
introduit par Lacan avec le noeud borroméen à partir de l'expérience
analytique, en rupture avec toute position philosophique antérieure, ne
contredit pas seulement la bonne marche des choses selon le discours du maître.
En tant que le réel est ce qui ne va pas, il exclut qu'on puisse être
"pour", ou que le salut puisse être de le reconnaître et d'y consentir,
voie de toutes les sagesses qui n'est pas étrangère au rapport freudien
à la réalité. Notre clinique et notre pratique ont-elles
pris la mesure de cette nouvelle donne ? Une ironie essentielle marque dès
lors la position de l'analyste, assigné à "contrer le réel"
du symptôme : la survie de la psychanalyse, elle-même symptôme
du réel, dépend de l'insistance du réel. Ainsi du réel
l'analyste ne saurait être le partisan, et pourtant il a partie liée
avec lui. L'avenir de la psychanalyse, aujourd'hui, on s'en occupe. Le discours
du maître du temps de la mondialisation s'emploie à la réduire
par mise aux normes de notre avenir de marchés communs. Il serait téméraire
de s'en remettre, dans un acte de foi, à la seule insistance du réel
pour assurer notre survie. La psychanalyse peut aussi disparaître sans que
ce soit pour avoir réussi à " nous débarrasser du réel
", menace qui n'est pas la plus prochaine. Le symptôme a-t-il changé
comme on le dit beaucoup ? Les prophéties de "La troisième" se réalisent
sous des formes imprévues. La religion flambe, mais pas spécialement
celle que Lacan dit être "la vraie". La conjonction du discours de la science
et du discours capitaliste déplace les limites du réel biologique
dont le chiffrage est au fondement de l'inconscient : la vie, la mort, la reproduction
sexuée, l'individu, et les formes sociales où ils se symbolisaient.
Comment l'analyste s'y prend-il pour rejoindre la subjectivité de son époque
?
Joséphine Roques : Le père voilé
Charles Nawawi : Contrer
le réel ?
Christian Centner : Le réel qui se fait jour dans
le langage
Hector Yankelevich : Le réel, l'irréel, le corps,
l'incorporel
Sophie Aouillé : En temps réel
Marie-Laure
Susini : Le public de Sade et l'escamotage du réel
Jean-Pierre Thomasset
: Contrer le réel aussi hors cure
Brigitte Lemérer : L'encombrement
du réel
Isabelle Flo'h : Réinjecter
Irma Elisabeth du Boucher-Lasry
: Le psychanalyste, le patient et la mort
J.-G. Godin : Pratique de l'analyse
et symptôme
Solal Rabinovitch: Une pratique du réel
Anne-Lise
Stern :
Hameçon Moustapha Safouan : Pourquoi définir le réel
?
J.-M Vappereau : La deuxième
Annie Tardits : La realisation de
l'homme comme individu
Les actes du colloque ont été publiés chez Erès, Collection Scripta (Début...)
Chercher,
inventer, réinventer (Mars 2002) - Les travaux dans l'École
sur "les formations du psychanalyste", l'exigence faite actuellement aux psychanalystes
d'affirmer les spécificités de l'acte psychanalytique, de la position
du psychanalyste et des conditions de l'exercice de cette "profession profane",
le colloque précédent sur les Versions de la guérison, conduisent
à aborder un autre versant du psychanalyser en le prenant cette fois par
le fil de la recherche. "Il y a eu en psychanalyse dès le début
une étroite union de la cure et de la recherche...Notre procédé
analytique est le seul dans lequel cette précieuse conjonction est conservée....Cette
perspective de gain scientifique était l'aspect le plus noble, le plus
réjouissant du travail analytique ; avons-nous le droit de la sacrifier
à telle ou telle considération pratique ?" (S. Freud, "Postface",
dans La question de l'analyse profane, Paris, Gallimard, NRF, 1985, p. 150). Le
colloque est centré sur cette question : qu'est-ce que "chercher" dans
le champ analytique ? Pourquoi, comment chercher ? Qu'est-ce qui spécifie
chercher en psychanalyse ? Entre expérience et élaboration, entre
trouverretrouvaille de l'objet ? et inventer reconstruire un
savoir inconscient dŽjˆ lˆ ?, border le trou du réel ? entre
répéter et s'autoriser, entre l'objet et la lettre, entre Réel
et Symbolique...qu'est-ce qui pousse à chercher ? Comment en rendre compte
? Il s'agira de tenter de dire, de montrer en acte, et d'analyser, de dé-montrer,
dans tel travail de recherche, dans telle élaboration analytique, dans
tel travail de cartel, dans telle cure, dans telle passe...ce qu'est ce pousse-à-chercher.
Argument
: La psychanalyse aurait-elle atteint ses limites grâce à une formalisation
qui fonderait son exercice et sa transmission ? Freud assigne à chaque
cure deux tâches conjointes, soigner et chercher ; Lacan ajoute que chaque
psychanalyste est forcé de réinventer la psychanalyse. Poser l'inconscient
met en oeuvre dans la cure, avec l'association libre et l'attention flottante,
une méthode singulière d'investigation qui oriente la recherche
et fraie les voies de l'invention signifiante du sujet dans sa rencontre avec
le réel. Cela ne va pas sans résistances du sujet, qui ne veut rien
savoir de son impossible rapport avec le sexuel et préfère supposer
le savoir qu'il y aurait de ce rapport. Poser l'inconscient nécessite donc
que l'analyste, en se faisant cause du désir de l'analysant, donne une
chance au sujet de chercher et d'inventer. L'inconscient détermine un insu
irréductible au coeur du savoir : inventer et réinventer deviennent
dès lors passage obligé pour le désir de l'analyste et pour
son acte. La fabrique d'une théorie qui inclut un manque impose une méthode,
une position subjective, un style de recherche. Est-ce ce qui, au regard d'autres
disciplines, spécifie la praxis analytique de la théorie ? Elisabeth du Boucher-Lasry : A propos de la séduction infantile, recherche
à partir d'une cure
Jean Guir : La recherche en psychosomatique, nouvelles
perspectives Jean-Baptiste Beaufils : "Parler à un chien habillé"
Claude Lemérer : "L'imagination créatrice" et l'enthousiasme
Arlete Garcia : Se nommer autrement Diana Mariscal : Une invention dans la
cure Françoise Samson : Freud, Ferenczi : une recherche, deux styles
Sophie Aouillé : Apprendre à inventer ? Guy Lérès
: Ta cache savoir Christian Centner : Le frayage et le cheminement Jean
François : L'invention du borroméen Jacques Le Brun : Imago,
un laboratoire pour la science des religions ? Jacques Aubert : L'invention
de la vraie épiphanie François Balmès : Quelle recherche
pour une pratique de bavardage ? Michel Plon : Une place introuvable Annie
Tardits : Une recherche de Theodor Reik Brigitte Lemérer : Négligences.
Les
actes du colloque ont été publiés chez Erès, Collection
Scripta exercices (Début...)
Versions
de la guérison (Mars 2000) - La demande de guérison porte
avec elle lidée d'une restauration de l'état antérieur à
la maladie et l'espoir d'une conformité à quelque fonctionnement
idéal. En rendant, même partiellement, cette restauration possible,
les progrès de la science créent une exigence qui rend tout écart,
tout symptôme, toute souffrance intolérables, nie l'histoire et les
altérations qu'elle produit, méconnaît l'impossible constitutif
de l'humain. La réaction thérapeutique négative, quand la
disparition du symptôme qui permet de vivre est appréhendée
comme un danger, et la tentative de guérison qu'est le délire contredisent
cette exigence et révèlent cet impossible. En complétant
le symptôme par le détour paradoxal de la névrose de transfert,
en permettant que se dise la vérité en souffrance du désir
inconscient, en reconnaissant l'impossible, une psychanalyse permet-elle d'autres
versions de la guérison ?
Sylvain Gross : Le marché de la guérison Erik Porge : Entre
tentative et tentation de guérir. A partir du transsexualisme Solal
Rabinovitch : La guérison comme cicatrice Jean
Guir : Problématique de la "guérison" chez des patients
atteints de troubles organiques Elisabeth du Boucher-Lasry : De la "guérison"
d'un cas d'asthme sévère; implication du nom propre François
Balmès : Vérité et guérison Bernard Forthomme
: La guérison comme purification. Freddy Doussot : En quoi la psychanalyse
ne serait-elle pas une psychothérapie ? Bernard de Goeje : De la pulsion
au fantasme. Patrick Valas : Alice au pays des Vermeils. Elisabeth Leypold
: La réaction thérapeutique négative Jean-Guy
Godin : Les obstacles au traitement Paul Alerini : La question de la guérison
à la lumière de l'expérience de la passe Marie-Claire
Boons-Grafé : De la "guérison psychanalytique"
Les
actes du colloque n'ont pas été publiés. En revanche, certaines
interventions faites lors de ces journées de travail ont été
publiées dans les Carnets. (Début...) |