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signifiant ''école'' apparaît dans l'histoire du mouvement analytique
en 1964 avec la fondation par Jacques Lacan de l'École freudienne de Paris.
''Il est à prendre au sens où dans les temps antiques il voulait
dire certains lieux de refuge, voire bases d'opération contre ce qui déjà
pouvait s'appeler malaise dans la civilisation. A nous en tenir au malaise de
la psychanalyse, l'École entend donner son champ non pas seulement à
un travail de critique : à l'ouverture du fondement de l'expérience,
à la mise en cause du style de vie sur quoi elle débouche.'' (Jacques
Lacan, ''Préambule'' de l' ''Acte de fondation'' de l'E.F.P.).
Ce signifiant ''école'' est devenu différent de lui-même,
conformément à la loi du signifiant, à partir de la ''Proposition
du 9 octobre sur le psychanalyste de l'École'' et de la mise en place de
l'expérience de la passe à l'École freudienne de Paris. Et
sans doute est-il devenu encore différent du fait de la dissolution de
cette école en 1980. LE
SIGNIFIANT ''ÉCOLE'' L'introduction
du signifiant ''école'' dans le champ psychanalytique répond à
un constat : la structure des groupes artificiels (künstliche Massen) dont
se constituent ordinairement les collectifs, ne convient pas pour abriter le groupe
analytique : leur consistance moïque en exclut toute implication du sujet,
et l'un-en-plus (chef visible ou invisible), qui en tant qu'objet commun d'amour
fonde et garantit l'existence du groupe, y occulte le savoir dont la cure analytique
procède. Freud a montré dans sa Massenpsychologie que le
fonctionnement de ces groupes s'apparentait à l'hypnose dont l'abandon
lui a ouvert le champ de l'inconscient.
A quelles conditions une association
pourrait-elle avoir une autre fonction que d'assistance mutuelle contre le discours
analytique ? Quelles structures collectives pourraient ne pas démentir
le réel en jeu dans la psychanalyse ? La réponse que constitue l'école
désigne ce réel comme le réel d'où se forme l'analyste.
Lacan a proposé deux formations d'école : les cartels
et la procédure de la passe. La structure des cartels ne s'oppose en effet
pas aux effets de sujet, et leur tourbillon permet de tisser entre les membres
de l'École des liens de travail qui subvertissent le rapport maître-élèves
dont procède le discours universitaire ; le dispositif de la passe permet
de nommer les Analystes de l'École, nomination qui, effectuée grâce
à un nouage entre trois positions subjectives distinctes (passant, passeurs,
jury), est nomination du réel d'où l'analyste opère et non
pas nomination à une fonction psychanalytique. L'École de
psychanalyse Sigmund Freud est née en Mai 1994, 30 ans après la
fondation de l'École freudienne de Paris. En France, trois écoles
sont nées dans les suites de la dissolution de cette première école
: l'École de la Cause freudienne, L'École freudienne et l'École
lacanienne de psychanalyse. L'École de psychanalyse Sigmund Freud se situe
dans un troisième temps. Il y a du réel dans la passe du
psychanalysant au psychanalyste, et ce réel est précisément
ce qu'une école se donne pour tâche de ne pas démentir dans
sa formation. Pour des raisons historiques repérables, ce réel fut,
par les deux premières générations d'écoles, spécifié
d'un qualificatif : ''freudien'' ou ''lacanien''. Adjectiver un nom propre n'est
pas sans effets : le réel dont ce nom n'est qu'un tenant lieu se trouve
dès lors revêtu des significations que le qualificatif comporte pour
l'école qui s'en désigne. Nous avons tenté de tirer
enseignement des expériences des deux premières générations
d'écoles, en considérant que, dans le moment de l'histoire du mouvement
analytique qui est le nôtre, nous pouvons supporter le réel de l'expérience
où sont enracinés les dires de Freud et de Lacan, et dont leurs
travaux ont fait élaborations théoriques et bout d'écritures.
Nous devons donc affronter le réel que le nom de psychanalyse met en jeu,
réel qui comme tel ex-siste à toute qualité et signification.
Notre école est donc École de psychanalyse qui reconnaît en
Sigmund Freud celui qui eut le privilège de découvrir l'inconscient
et ses lois, celui par qui la psychanalyse prit nom et entra dans l'histoire.
Aussi bien entendons-nous par là souligner la responsabilité
de la psychanalyse devant le malaise d'une civilisation marquée par le
discours de la science et ses effets : suture du sujet et dégénérescence
de la fonction du nom. ( Retour...)
LE
LIEN ASSOCIATIF N'importe quelle institution
du lien associatif ne convient pas pour former une école. En effet, le
dispositif de la passe qui en constitue le cur porte des enjeux institutionnels
et n'importe quelle association ne peut en supporter les effets de subversion
: soit elle en est détruite, soit elle les rejette. Ayant tiré les
conséquences de la Proposition de 1967, de la dissolution de l'École
freudienne de Paris, et de nos diverses expériences dans des associations
ou écoles issues de cette dissolution, nous faisons l'hypothèse
que les modes d'instituer les fonctions de pouvoir et de garantie dans le collectif
lui permettent de supporter ou non la subversion produite par la passe.
La prise en compte du réel en jeu dans la passe et de la figure qui vient
ordinairement l'occulter, le sujet supposé savoir, nous a amenés
à distinguer dans nos statuts deux lieux d'exercice du pouvoir institutionnel,
et deux modalités d'instituer l'autorité dont chacun de ces pouvoirs
procède. Ces deux modalités du pouvoir institutionnel, le pouvoir
d'administrer le lien associatif et ce qui fait autorité dans le champ
de la psychanalyse, sont ordinairement confondues en un même lieu occupé
par l'analyste ou le groupe d'analystes qui fut à l'origine de l'association
et qui y fait figure de garant. Ainsi se trouve restituée statutairement
la figure du sujet supposé savoir dont la destitution est précisément
l'enjeu de la fin de la cure psychanalytique. Ce mode d'instituer un lien associatif,
qui dément ce qui est attendu de la cure, ne convient donc pas pour former
une école de psychanalyse.
L'École de psychanalyse Sigmund
Freud se spécifie par une division au lieu du pouvoir institutionnel et
par le caractère temporaire des fonctions. L'élection des membres
du secrétariat par l'assemblée générale des membres de l'École
leur donne autorité pour mener à bien leurs projets. C'est du réel
reconnu et nommé par la procédure de la passe que provient l'autorité
des Analystes de l'École pour désigner parmi eux et au-delà
les psychanalystes qui forment le Collège de la passe pour deux ans. L'associatif
et le psychanalytique relevant de places structurales différentes, les
membres du Collège de la passe ne sont pas éligibles au secrétariat.
Le président a la charge de représenter l'École et ses principes
de fonctionnement, ce qui détermine ses responsabilités institutionnelles.
Il est élu pour un an par l'assemblée générale parmi
les psychanalystes du Collège de la passe et les Analystes de l'École.
Ainsi la spécificité, la primauté et les limites de l'analytique
se marquent-elles dans un lieu propre, à la fois central et décentré
dans l'institution.
Nous faisons l'hypothèse que le lien associatif
ainsi institué par nos statuts pourra supporter la subversion produite
par la passe et que l'analyste qui relève de cette formation sera en mesure
de soutenir sa position et les exigences qu'elle impose face aux exigences de
la culture qui est la nôtre sans se draper dans une suffisance où il s'égare.
(Statuts)
(Retour...)
LA
VIE DANS L'ECOLE Le cardo est
chargé d'accueillir les demandes adressées à l'École.
Le cartel constitue la structure de base du travail dans l'École.
Chaque cartel est formé de trois à cinq personnes, quatre étant
la plus juste mesure, plus une chargée de la sélection, de la discussion
et de l'issue à réserver au travail de chacun. Nous reprenons cette
définition du cartel donnée par Lacan dans l'Acte de fondation
de l'E.F.P., et avons dès lors la charge d'en ré-interroger les
fondements et les effets. Chaque cartel se réunit autour d'un
texte, d'une question théorique ou clinique ; son temps de fonctionnement
est limité pour permettre à ses membres de se séparer et
former avec d'autres de nouveaux cartels. Chaque cartel choisit le rythme et les
modalités de ses réunions les plus appropriés au travail
de chacun. Des demi-journées centrées autour d'une question
de la psychanalyse permettent à chacun de présenter le point où
il est dans son travail et les difficultés qu'il y rencontre.
Les séminaires et enseignements offrent un repérage conceptuel
permettant de s'orienter dans la théorie et la clinique analytique, un
travail de lecture de textes psychanalytiques, une réflexion clinique,
des avancées sur les problèmes cruciaux de la psychanalyse, un travail
d'élaboration doctrinale. Ils sont des lieux ouverts à la discussion
et aux échanges entre les participants. Les espaces se
réunissent autour d'un projet commun ou d'un thème de recherche
en rapport avec d'autres disciplines. Les rencontres, colloques et
publications permettent à l'École de faire part de ses travaux
à un large public. (Retour...) Calendrier
| Publications LE
PSYCHANALYSTE Que
l'analyste ne s'autorise que de lui-même et de quelques autres est au principe
de l'École. Cette autorisation trouve ses coordonnées dans l'analyse,
menée à son terme, de l'analyste. Qui fait le pas d'occuper la place
de l'analyste interroge les effets de sa pratique dans des contrôles avec
les analystes de son choix. L'école a dès lors la responsabilité
d'éclairer par quelles chicanes se forme le désir de l'analyste,
mais aussi bien ce qui peut, de fait, en interdire la formation. Tel est l'enjeu
du dispositif de la passe et de la nomination des A.E. Le Collège
de la passe a la charge d'assurer le fonctionnement du dispositif de la passe
et de soutenir un travail de doctrine et d'enseignement. Il reçoit chaque
passant, lui fait tirer au sort les deux passeurs qui témoigneront de sa
passe, et fait fonctionner un cartel pour chaque passe : quatre membres du Collège
tirés au sort s'adjoignent un analyste ou un non-analyste au sens précisé
par Lacan pour constituer un cartel chargé d'entendre une passe et d'y
répondre ou pas par une nomination au titre d'A.E. Tout psychanalyste
de l'association peut prendre la responsabilité de désigner un passeur
parmi ses analysants après en avoir parlé avec un membre du collège
de son choix. Ainsi le Collège de la passe a la responsabilité de
faire fonctionner l'expérience de la passe et chaque analyste de l'association
est engagé dans cette expérience : que chacun soit susceptible de
participer au travail d'un cartel de la passe et soit confronté dans les
cures qu'il mène à la question de la désignation des passeurs,
permet que la pratique des cures s'en trouve éclairée.
(Retour...)
LE
COLLEGE DE LA PASSE Le
collège de la passe est renouvelé tous les deux ans. Ses membres
sont désignés par les derniers A.E. nommés. De
1994 à 2000, les membres des collèges successifs ont été
désignés par les seuls A.E. membres de l'EPSF. En 2000,
les membres de l'École de psychanalyse Sigmund Freud et de l'Association
pour une école de la psychanalyse (devenue en 2003 La lettre lacanienne,
une école de la psychanalyse) se sont accordés pour engager un nouage
de leurs associations par une mise en commun du dispositif de la passe.
Ainsi, depuis cette date les membres du collège de la passe sont désignés
par les A.E. de ces deux écoles. (Retour...)
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