Fous, exilés,
apatrides, exclus : ils sont enfermés dehors. Dehors, hors des frontières
de leur pays comme hors des liens de leur langue maternelle. Mais les véritables
enfermés dehors sont les fous, exilés à jamais de leur inconscient
: ils ne sont pas seulement étrangers dans leur exil, ils sont étrangers
à eux-mêmes, étrangers à leur histoire, étrangers
à la langue de l'enfance. Ce n'est pas seulement d'un pays ou d'une langue
qu'ils sont exilés ; le nom, la voix, le père les ont aussi abandonnés
sans retour.
La
forclusion est le nom de la fracture qui les a enfermés hors de toute inscription,
hors des traces de la route de nos rêves, du ciel de nos pensées,
de la maison de notre douleur ou de notre joie : loin de notre heimlich.
La
forclusion n'a pas fait que frapper les signifiants fondateurs de l'inconscient,
elle en a jeté la clé pour toujours. Ainsi la clinique de la psychose
oblige à se confronter au concept qui en éclaire l'orée.
Ce livre interroge, avec les textes de Freud et de Lacan, le processus de forclusion
à l'origine de la psychose.
Solal
Rabinovitch, psychiatre, psychanalyste, est membre de l'École de psychanalyse
Sigmund Freud.
1998.
120 p., 9,90 euros.